Zëro

Repartir à zéro. C’est sans doute ce que se sont dit les anciens membres de Bästard, auxquels s’est adjoint Ivan Chiossone -compère désormais inséparable d’Eric Aldéa -en montant ce groupe. Et ce nouveau départ est plutôt réjouissant. Si Bästard n’est pas bien loin, il semble que Zëro soit un peu plus musical et moins énervé. Délaissant cette culture du « noise » pour un peu plus de légèreté, Zëro se permet quelques ambardées acoustiques qui ne sont pas sans rappeler, parfois, cet autre projet commun à ses membres : « Narcophony »…

Il est clair que la musique de Zëro s’aventure plus dans des contrées inventives que dans les sentiers battus du rock à identité fixe. On y croise autant Jack Berrocal et Gene Vincent en « Drag Queen blues » sous extasy et des Devo rajeunis le temps d’un « Automotown/Space girl blues » vivifiant, que le krautrock de Can et Kraftwerk dans un « Luna Park » ludique où psychédelisme et harmoniques offrent un roller coaster cérébral et addictif. On croisera des Pavement névrosés, des Sonic Youth, branleurs et éternellement jeunes tout comme un paquet d’autres « freaks » qui en marge de tout courant auront constamment réécrit avec singularité et intelligence le langage du rock.